Bienvenue à FONTAINE-FOURCHES

                                                                               ▼
                                                     
François de KERNEVENOY - CARNAVALET
[Kernavanoy - Kernavanois - Kernevenoc'h - Kernevoy - Kernevoch - Kernavalet]       
 François de Kernevenoy, dont le nom, par altération de la prononciation fut transformé en Carnavalet, né le 1er décembre 1519, décédé à Paris le 16 avril 1571. est le petit-fils de Philippe de Kernevenoy et de Marie du Chastel.
 C'est le fils de Charles de Kernevenoy écuyer, sieur du Lohou, (fils aîné du précédent, †1532, dont l'existence "a été occultée par de très nombreux historiens ou généalogistes qui, à tort, ont pris le postulat que ses parents, Philippe DE KERNEVENOY et Marie DU CHASTEL, étaient le père et la mère de son fils François." Le nom de sa mère n'est toujours pas connu. 
cf
Philippe VALETTE/GeneaNet..
 
A noter que:
Philippe de Kernevenoy fut sgr à Cavan et Caouennec,
paroisse et trève (succursale de la paroisse) proches de Bégar, abbaye dont Guillaume (frère de Charles) et Claude de Kernevenoy  (frère de François), furent abbés (voir H.Le Goff : Bégar le Petit Citeaux).
L'abbé suivant Pierre de Beaune pourrait être lié à Françoise de La Baume ; en effet son successeur est Jean Fleuriot alors que Marie, la soeur de François de Kernevenoy, est mariée à Bertrand Fleuriot77^  
 Descendant des seigneurs de Coatanlan-Kerjanégan [soit, au Mn âge « Cavan-Caouënnec» diocèse de Tréguier (Cavan est  proche de Lannion) [cf site CaouennecLlanvezeac]  
 Marié en premières noces à Anne Hurault de Vueil, dont il eut "une fille, Françoise (
vers1576) dont "l'existence est mentionnée lors de l'inventaire du 4-07-1560, après le décès de sa mère" [cf Philippe Valette/GeneaNet] ; remarié le 20 novembre 1566, en secondes noces, à Françoise de La Baume* († 1608), dame du Fay et de Pesmes, comtesse de Montrevel, dont il eut un fis, Charles, mort sans postérité.

Françoise de la BAUME [ou BAULME], fille de Jean (IV) de La Baume1, comte de Montrevel (1490 - 20/04/1552 - inhumé dans la chapelle de Montrevel-en-Bresse, Ain, [aussi Montranel en Bresse) et d’Hélène de Tournon, dame de Vassalieu  (sa 3ème femme, par contrat du 28 juillet 1536) ; demoiselle d'honneur de la reine Margot ; dame d'honneur des reines Catherine de Médicis. et de Louise de Lorraine. née vers 1537 ; décédée en 1608. 

Mariée : 1) le 17/09/1548 à Pesmes, par dispense, avec François de LA BAUME 2, son parent (1505-1565), baron de Mont-Saint-Sorlin [puis comte de Montrevel après la mort de Jean IIÍ du nom, son beau-père & cousin] ; fils de Claude de la Baume (3ème fils de Guy et de Jeanne de  Longwy) et de Guillemette d'IGNY. Le Roi Henri II l’établit gouverneur de Bresse, Bugey & Valromey & du duché de Savoie - dont 3 enfants :Antoine, Marguerite, Anne.    
               2) le 20 novembre1566 avec  François de KERNEVENOY, dont 1 fils : Charles. 

Pour faire accepter cette union avec un gentilhomme breton, bien en cour, mais qui n'était pas très riche, le roi Charles IX et son frère, le duc d'Anjou, (futur Henri III), avaient fait apporter au château de Marboz 2  lettres promettant pensions et honneurs. Françoise sera dame d'honneur de 2 reines de France.<Marboz, notre village>
Notes : - AD22 E2548 : Comtesse de Montrevel, tutrice de Charles de Karnavanoy son fils en 1574.

           - AD22 E965  : Comtesse de Montrevel (Montarbel), curatrice de Charles de Kernevenoy son fils, vers 1583.
  En 1578, c’est elle qui, veuve, réalisa  le souhait émis par son mari, de son vivant, d'acquérir l'hôtel  particulier du président du Parlement de Paris, Jacques de Ligneris, construit par Pierre Lescot et Jean Goujon, entre 1548 et 1560 et agrandi un siècle plus tard par François Mansart. Bien que revendu en 1602 à Florent d'Argouges, trésorier de la reine Marie de Médicis, après en avoir joui 24 ans, c'’est elle qui attacha son nom à l’hôtel dit de Carnavalet qui, aujourd’hui, est devenu musée Carnavalet, sis  23 rue de Sévigné, dans le quartier du Maris à Paris, 3e.           
                                                            Voir, en bas de page, la note relative à l’hôtel Carnavalet**

1 : à distinguer de sa demi-sœur,
Françoise de La Baume (1528-1611), fille de Jean (IV) de La Baume, comte de Montrevel (1490- 1552) mais avec Françoise de Vienne, dame de Bussy], mariée par contrat passé à Bourg-en-Bresse le 16 décembre 1546 à Gaspard de Saulx-Tavannes (1509-1573), baron de Sully, compagnon d'armes de François Ier et d'Henri II, maréchal de France (1570), amiral des mers du Levant (1572) - dont 4 enfants.
2 : a) François de la Baume, baron de St. Sorlin, Seigneur de Presilly, Montriblod, Valay, & Chastenoy, 7ème comte de         Montrevel, seigneur de Foissiat, Marboz, l'Abergement, Bonrepos, & Pesmes
      b) Jean IV de la Baume, seigneur de Pesmes, 6ème comte de Montrevel, vicomte de Ligny-le-Chatel, seigneur de Valfin, Marboz, Foissiat,   Bonrepos, l'Abergement, d’Esnes, d'Asnières, de Saint-Etienne-sur-Reyssouze & du Fay
- Gouverneur du duc d'Orléans, frère du Roi [Henri II] [Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à ...
  page 212 -Archives départementales de l'Aube - 1830 ].

- Ecuyer du roi, nommé par Henri II. Excellent cavalier et doué pour le dressage, il fit danser la volte au cheval « le Moreau superbe ». Une partie des chevaux appartenant au roi, qui  en possède plusieurs milliers, réside alors dans les haras du château de Noyen ; y figurait aussi « le Malheureux », destrier monté par Henri II lors du tournoi qui lui fut fatal.
 (Pour fêter avec faste le double mariage de sa fille avec le roi d'Espagne, et de sa sœur avec le duc de Savoie, Henri II avait organisé un tournoi  auquel tous les grands du royaume participaient. Le souverain, bien qu'âgé de quarante ans, monté sur son cheval turc "le Malheureux", gagna ses 2 premiers assauts. Le troisième, qui l'opposait au capitaine de sa garde écossaise, Gabriel de Montgomery, seigneur de Lorges, lui fut fatal. Henri, victime d'une blessure à la tête, expira, après dix jours d'agonie, le 10 juillet1559.)
- Chevalier de l'ordre du Roi (ordre de Saint-Michel en 1561)  
- Gouverneur et superintendant des personnes et maison de Monseigneur le duc d'Anjou
(futur Henri III).
 [Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à ... Page 212 -Archives départementales de l'Aube - 1830].
- Gouverneur du Bourbonnais et du Forez.
- Prévôt de Plouec en 1567, il fut en relation avec l'imprimeur Galliot du Pré, issu de la famille nantaise des Larcher et très lié au milieu humaniste, entre autres avec Montaigne et Ronsard.
- Chef du conseil privé en 1570
- Seigneur de Kernevenoy (ou Karnevenay) entre 1546 et 1560
- Seigneur de Noïon (Noyen-sur-Seine) entre 1555 et 1570
 
L’étymologie, communément relayée, voudrait, à tort, que Noyen (-sur-Seine) soit issu, comme tous les Noyon (Nouvion, Nyons, Nogent), de
" noviomagus" : nouveau marché [ soit = gaul. adj. novio- « nouveau » +ó-magos « champ de foire - marché » -ovio- devenant -oyo- ].
  
 
L’évolution phonétique, soutenue par la graphie, atteste une autre filiation : « Novionum, XIe s., Nojon, 1134, de Noien, 1152, Neun, v. 1201, Noains, Noan, v. 1222   : = idem.*
* Toponymie générale de la France : Tome 1, Formations préceltiques, celtiques, romanes : étymologie de 35000 noms de lieux. Droz 1990. E. Nègre.

   Le premier seigneur mentionné est Guillaume de Noyen en 1400. Puis vint François de Kernevenoy (1520-1571)   

                                                                       Château de Noyen
  Château construit au XVIIIe siècle, précédé d'une cour d'honneur encadrée par des bâtiments de communs édifiés entre 1553 et 1556 pour François de Carnavalet, grand écuyer de Henri II, pour y établir un haras royal.
  Eléments protégés (Monuments Historiques) : l'ensemble du château avec les douves, le sol de la cour d'honneur & des parterres. Le parc entourant le château entre les douves et  la Seine et des parcelles se trouvant au nord ouest  de la vieille Seine; la grande allée reliant le Château à la RN 51, y compris le vieux pont de pierre sur lequel passe cette allée le pavillon.de chasse en totalité et les communs du château, en totalité.
  Châteaux de France Source Base Mérimée, culture.gouv.fr/culture&patrimoine http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee.fr    La seigneurie fut ensuite possédée par les d'Acigné, les de Carné et les Fleuriot.
- Seigneur de Fontaine-Fourches entre 1563 à 1570
  Au VIIIe siècle, le territoire de Fontaine-Fourches relevait de l'archevêché de Sens.
 
Puis la seigneurie fut morcellée.
  Au XIIe siècle, une partie (laquelle? - NDR), appartint à la famille Gateblé.    

  Au siècle suivant, la seigneurie de Fourches, pour une partie, fut possédée par Pierre de Nemours, seigneur de la Chapelle-Gauthier. Sa sœur, Marguerite de Nemours, "dame de Fontaines ", qui hérita de ce domaine,  l'apporta en dot à Jean Britaut, seigneur de Nangis.  
  Puis la seigneurie fut acquise par les chanoines de Saint-Pierre de Troyes. 
  Une partie de Fourches appartint alors au marquisat de Trainel, propriété de la famille des Ursins.
  En 1547, "le seigneur" ( son nom n'est pas précisé - NDR) consent un "bail à cens du droit et prérogative de construire et édifier molin sur le cours de la rivière de la fontaine de Charreauld".
 Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : Chapitre de la cathédrale de troyes (articles G 2545-G 4169 bis) suite et fin. Officialité épiscopale de Troyes - articles G 4170-4235) Rédigé par H. D’Arbois de Jubainville et F. André - Archives départementales de l’Aube - Duféy-Robert.1896 
 En 1563, vente de la seigneurie, par ordre du Roi, à François de Carnevenoy, gouverneur du duc d’Orléans, frère du roi, futur Henri III.

 En 1763, Claude Constant Esprit Juvénal des Ursins, marquis de Trainel, vendit à Pierre Terray, seigneur d'Athis, la terre de Fontaine-Fourches qui restera dans la famille Terray jusqu'à la Révolution. 
 En 1787, Fontaine et Fourches étaientdeux hameaux distincts comme l'atteste le relevé cadastral tracé selon le plan d'intendance conservé aux Archives départementales de S & M.
 - Seigneur d’une partie de Grisy-sur-Seine, village mentionné dès le XIe siècle 
 
Au XIIIe siècle, c’est une petite paroisse qui ressortit au diocèse de Sens. La terre de Grisy est alors partagée en deux seigneuries, qui dépendent de la baronnie de Bray.
 a) Vers 1320, une partie de Grisy appartient à Odouart de Saint-Pregts qui la transmet à son fils Philippe
 Plusieurs familles se succèdent sur ce domaine.
Au XVIe siècle, la seigneurie passe d'Antoine de Montdragon à Alain de Madeil, seigneur d'Athis.
 b) L'autre seigneurie appartient en 1300 à Jean Camuet, qui la vend à Jean de Maisière, conseiller du roi.
  Vers 1540, elle passe à Eymery d'Orgemont. Son fils en fait échange avec François de Kernevenay, seigneur de Noyen.
  A la mort de ce dernier, en 1571, ses biens reviennent à sa femme Françoise de la Beaume, comtesse de Montrevel (Montreuil), dame d'honneur des reines Louise de Lorraine et Catherine de Médicis.

  Au XVIIIe siècle, l'un de ses descendants, Ferdinand de la Baume, comte de Montrevel, achète à la famille Réaulx, descendante par succession d'Alain de Madeil, l'autre partie de Grisy.
 Louis de Montrevel vend la seigneurie réunifiée à la famille de Montchal qui la conserve jusqu'à la Révolution.
 Le fief du Haut-Champ et du Coulombier appartient en 1771 à François-Louis, marquis des Réaulx.

Portraits
                                             FRANCOIS DE KERNEVENOY, SEIGNEUR DE CARNAVALET (1520-1571)
                       Tableau anonyme (3e quart 16e siècle) ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
 
                                                           FRANÇOIS DE KERNEVENOY (1520-1571)
                                   Dessin (vers 1564) - François CLOUET (atelier) - Chantilly ; musée Condé

Hommages
-  François de Kernevenoy fut inhumé en l'église Saint-Germain l'Auxerrois et une épitaphe à sa mémoire fut gravée contre le mur qui enferme le choeur, du côté droit ; en lettres d'or sur une table de marbre noir, elle porte cette inscripion :
" - D.O.M. //FRANCISCO CARNEVENAEO,
ARMERICO NOBILI AC STRENVO VIRO CUI OB EXIMIAM
VIRTVTEM ET MORVM INTEGRITATEM, HENRICVS II,
REX,. ET CATHARINA CONIVX CHARISSIMI FILII HENRICI
PVERILEM AETATEM IN FORMANDA COMMISERVNT,
QUI BELLI PACISQUE ARTIBVS EGREGIE INSTRVCTUS,
FORTITVDINIS ET PRUDENTIAE FAMA SVPRA OMNEM
INVIDIAM CLARVIT QUIQUE (QUOD RARIUS INTER
POSSIMA SUI OEVI EXEMPLA)PROBITATEM COLVIT,
INTER MAXIMAS AVGENDAE RES FAMILIARIS OPPOR-
TVNITATES OPES NEGLEXIT ET SVI SEMPER SIMILIS,
TIXIT. PHILIPPVS HVRALTVS CHEVERINUS, DIVTVR
NA ET ARETA NECESSITVDINE CONIVCTISSI-
MO AMICO, IVSTIS PERACTIS, BENEVOLENTIAE
MOERENS PIENTISSIME POSUIT.
A
NNO C I Ɔ. I Ɔ. LXXI.
VIXIT AN. LI. MENS IIII. DIES IX.
PERENNI MEMORIAE ET QUIETI FRANCISCI CARNEVNALI 
EQUITIS ARMORICI VIRI NOBILIS STRENVY OPTIME
"ÉPITAPHIER DU VIEUX PARIS. Epitaphes de l'Eglise Saint-Germain l'Auxerrois  p.13 (reproduction gravure) & p.14 (reproduction texte)
traduction :  « A François de Carnavalet, gentilhomme breton, plein de noblesse et de courage, que son rare mérite et la pureté de ses mœurs ont fait choisir à Henri II et à Catherine son épouse, pour confier la jeunesse de leur très cher fils Henri à gouverner. Doué pour la paix et pour la guerre, de talents remarquables, il brilla d'une réputation de courage et de prudence au-dessus de toute envie ».
ARMES CARNAVALET : 

Vairé d'or et de gueules au canton d’argent chargé de cinq mouchetures d’hermines posées au sautoir.  Couronne de comte et casque de chevalier. Cimier : un lion rugissant. - En dessous : deux écus partis de LA BAUME et de HURAULT.

Reproduction du blason : sur< genealogie.com>

- Son cœur repose dans une sépulture de l'église Saint-Blaise-et-Sainte-Vierge
de Noyen-sur -Seine, où une plaque de marbre gravée (0, 80m x 0,50),  porte l'inscription suivante [Topic-Topos] :
"CY GIST LE COEVR DE HAVLT ET PVISSANT SEIGNEVR MESSIRE FRANCOIS DE CARNEVENOY EN SON VIVANT CHEVALIER DE L'ORDRE DU ROY CONSEILLER EN SES CONSEILS DESTAT ET PRIVE GOVVERNEVR DE MONSEIGNEVR DE DVC DANIOV FILZ ET FRERE DE ROY CHEF DE SON CONSEIL SVPERINTENDANT DE SES MAISOS ET AFFAIRES ET GOVVERNEVR DANIOV BOVRBONNOIS ET FORES LIEVTENANT DE CENT HOMMES DARMES DE LA COMPAIGNE DVDIS DVC DANIOV DE PRESENT ROY DE FRANCE ET DE POLLONGNE LEQVE DECEDA LE 18 IOVR DAVRIL 1571".

 Témoignages
  
Description de Paris, de Versailles, de Marly ...et de toutes les autres belles maisons et châteaux des environs de Paris  Jean-Aymar Piganiol de La Force, Poirion, 1742  (Livre numérique Google)  p.99
  "Ce Seigneur étoit Breton, & un des plus parfaits Gentilshommes qu’on ait vus à la Cour de nos Rois. II étoit fils de Philippe deKernevenoy et de Marie du Châtel. Son esprit, sa valeur & sa sagesse le mirent en telle considération dans sa qualité de PremierEcuyer du Roi Henri II, que ce Prince le choisit pour être Gouverneur du Duc d Anjou, son fils, qui fut ensuite Roi de Pologne & puis Roi de France. Tant que ce Prince fut sous la conduite de ce Mentor, il fut le plus grand sujet de la Maison Royale. Le Public prévenu en faveur du bon naturel des Princes, leur fait ordinairement honneur de leurs bonnes qualités, & rejette tout cequ’ils ont de mauvais, sur ceux qui ont eu soin de leur éducation ; ici tout au contraire le rapporta à Carnavalet tout ce que le Prince, son élèv, eut de bon, & le dérèglement fut imputé à qui il appartenoit. Il fut fait Chevalier de l'Ordre du Roi l'an 1560 puis Gouverneur d’Anjou, de Bourbonnais & de Forests. L’an 1566 il épousa Françoise de la Baume, veuve de François de la Baumecomte de Montrevel, de Laquelle il eut Charles de Kernevenoy, vulgairement appellé Carnavalet sieur de Noyon, mort jeune etsans enfans. Quant à François de Carnavalet, il mourut en 1571 & fut inhumé dans cette Eglise, où le Chancelier de Cheverni son intime ami, lui fit ériger un tombeau, & lui consacra l’Epitaphe qui suit & qui est gravée en lettres d’or sur une table de marbre noir : [...]"
 
Les Mémoires de messire Michel de Castelnau, seigneur de Mauvissière, illustrés et augmentés de plusieurs commentaires et manuscrits... servants à donner la vérité de l'histoire des règnes de François II, Charles IX et Henri III, et de la régence...
Michel de Castelnau, Le Laboureur                              
 François de Kernevenoy « estoit fils de Philippe de Kernevenoy & de Marie du Chastel & eut pour sœur Anne de Kernevenoy de laquelle & de Pierre du Halgoet S. de Kergrehc sont issus les S. de Kergrehc & de Lyramont, & Madeleine du Halgoet, femme d Armand du Cambout Marquis de Coèslin.
II épousa l’an 1566, Françoise de la Baume, veuve de François de la Baume, Comte de Montrevel, & duquel elle avoit plusieurs enfans, & il en laissa un fils unique
Charles de Kernevenoy vulgairement appellé Carnavalet S. de Noyon, mort sans enfans en une rencontre, où son courage l’engagea contre les Ligueurs qui couroient dans ses Terres & auquel se termina la gloire d’un nom que son père avoit rendu grand & illustre à la Cour par ses vertus & parses titres, de premier Escuyer, & de Chevalier de l'Ordre du Roy, de Gouverneur de la personne du Duc d Anjou, de chef de son Conseil & Surintendant de sa maison, de Lieutenant de sa Compagnie de cent hommes d armes, & de Gouverneur d Anjou, de Bourbonnois & de Forests. »
 
Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François II : tirées du portefeuille de Sébastien de l'Aubespine Louis Paris, Imprimerie Royale, 1841 - 986 pages p.128  [Gallica]
"Le seigneur Kernevenoy, dit Castelnau, qu’on appela par corruption Carnavalet se peut mettre au rang des personnes les plus les illustres que la Bretagne ait données à la France, tant pour sa valeur que pour cette prudence singulière qui le mit en telle considération, dans sa qualité de premier écuyer du roi Henri II, quil fut choisi pour Gouverneur de Henri, duc d'Anjou, son fils, depuis roi de France et de Pologne (Henri III). Ce prince lui fut obligé de toute la gloire que lui valut sa belle éducation, qui le rendit plus recommandable sous son premier titre de duc d'Anjou que sous celui de roy ; et on peut dire que tant quil fut sous sa conduite, il étoit le plus grand sujet, de la maison royale ; enfin ce seigneur de Carnavalet eut ce bonheur qu’on luy imputa tout ce qu’il eut de bon et qu’ il n’eut aucun reproche de son dérèglement. Il fut fait chevalier de l’ordre en 156o, il mourut en 1571, et fut inhumé en l’église de Saint-Germain l’Auxerrois où le chancelier de Chiverny, son intime ami, lui fit ériger un tombeau avec ce monument à sa mémoire, plus glorieux et plus durable que ne sera l’hostel de Carnavalet qu’il bâtit à Paris.(Tome II, page 755.) Du vivant du roi Henri II, le prince désigné dans cette lettre sous le titre de duc d’ Angoulême, et qui depuis fut Henri III, portait le nom d’Alexandre et le titre de duc d’Anjou.  A la mort de Henri I, il fut appelé duc d’Angoulême, et à la mort de François II, duc d Orléans."

Sources généalogiques :
-« Messire François seigneur de Kernevenoy parut en cour soubs le nom de seigneur de Carnavalet, il fut gouverneur du roy Henri 3e & premier escuier de France, il a esté estimé l'un des braves homes de France & a possédé sans jalousie la faveur du roy Henri 3e sans jamais s'estre enrichi d'un escu. Il avoet la consciance et les mains nettes, Mr Montaigne lui done l'éloge d'avoir esté le plus adroet gentilhome de son siècle. Il espousa dame Magdalaine de la Beaume fille de (blanc) et en lessa Charles seigneur de Kernevenoy décédé sans enfans & sans mariage l'an 1571, & par son décebs la sucession de Kernevenoy fut recueillie par Marie de Kernevenoy succéda à Charles seigneur de Kernevenoy son nepveu, elle avoet longtemps auparavant espousé Messire Vincent Fleuriot sr de Kernabat, filz de René Fleuriot sr de Kernabat & de Marguerite de Kerléau, de la maison de Goazaran ». Documents généalogiques - Kernevenoy - Les vicomtes de Léon par Missirien

 

-L'arbre de Philippe Valette, sur GeneaNet, pour la fiabilité des informations et la précision des recherches sur la filiation. 

 

Documents annexes

 
Les chevaliers bretons de Saint Michel depuis la fondation de l'ordre: en 1469, jusqu'à l’ordonnance de 1665 Notices recueillies par Jean François Louis d' Hozier, publiées avec une préface et des notes par Gaston de Carné en 1884.
 - page 204  [...] la pureté et l'intégrité de ses mœurs. « Ce seigneur de Kemevenoy (dit M. Le Laboureur, dans ses Additions aux Mémoires de Castelnau) se peut mettre au rang des personnes les plus illustres que la Bretagne ait données à la cour de France, tant pour sa valeur que pour cette prudence singulière qui le mit en telle considération... qu'il fut choisi pour gouverneur de Henri duc d’Anjou... Ce prince lui fut obligé >>

 [...] dernier qui descendit « rue et place Dauphine, en la maison où pend pour enseigne le Chapeau Rouge, paroisse deSaint-Barthélemy,» se transporta, le 14 mars de cette année 1657, accompagné de deux notaires, en l'église de Saint-Germain-l’Auxerrois, où il fit prendre copie de l’épitaphe de François de Kernevenoy. Le monument, qui a été détruit pendant la Révolution, était placé au chœur, « entre les deux piliers cottés 47 et 48, tant du côté de l’Epître que de la sacristie. » Il se composait d'une table en marbre noir sur laquelle l’épitaphe était écrite en lettres d’or, et que supportaient deux colonnes, également en marbre noir. Sur la face opposée, on pouvait line l'inscription suivante en mêmes lettres d'or et plus gros caractère « : Perenni memoriæ et quieti Francisci Carnenei, aequitis armorici, viri nobilis et strenui et optimi. » Les notaires dressèrent un acte qui, à la Réformation de 1668, fut placé par Jean-Urbain de Carné, avec toutes les autres pièces de sa maison, entre les mains des Commissaires de la Noblesse de Bretagne. Ceux-ci trouvèrent cette preuve suffisante, et, trompés par les apparences, ils donnèrent une place, dans l'arrêt qu'ils rendirent, en faveur de Jean-Urbain de Carné, à François de Carné, frère puiné de Jérôme et gouverneur du Dauphin, fils d’Henri Il. L'autorité de la Chambre établie pour la Réformation prêta une grande force à cette erreur que tous les auteurs généalogistes reproduisirent. Dom Morice lui-même s'y laissa prendre ; et il écrivit les lignes suivantes :
Page 205
>> de toute la gloire que lui valut sa belle éducation...et on peut dire que tant qu'il fut sous sa conduite, il estoit le plus grand sujet de la Maison Royalle. Enfin ce seigneur de Canavallet eut ce bonheur qu'on lui imputa tout ce qu'il eut de bon et qu'il n'eut aucun reproche de son dérèglement... Sa sagesse, son expérience et sa probité, dans un siècle perverti, et sous un gouvernement odieux ...
(T.III de ses Preuves, col. 1392) « Henri Il!, estant duc d’Anjou, avait eu pour gouverneur François de Carné, frère de Jérôme, lequel François mourut à Paris cette même année 1571, et son épitaphe fut faite  par Philippe Hurault comte de Chiverni, depuis chancelier de Franc. »  Nous ajouterons enfin que, peu de temps avant l’année où Dom Morice publia  les Preuves de L’Hist. de Bret., la terre de Carnavalet avait passé de le maison d’Acigné en celle de Carné. Cette circonstance rendit encore l'erreur plus spécieuse et la vérité plus difficile à découvrir, en transférant à l'une des branches de la maison de Carné, qui le porte encore, ce nom de Carnavalet, seul connu à la cour pour désigner François de Kernevenoy, parce qu’il était plus doux à prononcer.

 François de Kernevenoy s’était marié deux fois. Il avait épousé en premières noces, Anne Hurault, dame d’honneur de la reine Marie Stuart, fille de Jean, s. de Vueil, et de Jeanne Raguier, qui mourut le 20 juin 1560. En secondes noces, il avait épousé, le 20 novembre 1566, Françoise de la Baume, veuve de François de la Baume, baron de Saint-Sorlin, son cousin, et fille de Jean, comte de Montrevel, et d'Hélène de Tournon. Un aveu qui fut rendu, entre 1571 et 1583, par GuiIlaume de Kernec’hriou, au nom de cette dernière, curatrice de son fils Charles, nous apprend que François de Kernevenoy était seigneur de Coatanlan et de Kerjanéjean, par, de Cavan. Françoise de la Baume acquit, en 1578, de Théodore des Ligneris, fils du président du même nom, l’hôtel connu >>

ANCIENNE NOBLESSE de QUEMPER-GUEZENNEC  <infobretagne.com>

Kernevenoy, Kernavanois ou Carnavalet (de), sr dudit lieu, paroisse de Quemper-Guézennec, — — de Kergarric, en Langoat, — de Camezen, en Pléhédel, — de l'Isle-Milon, en Saint-Donan, — de Kerneuff, — de la Garde-Jolly, — du Bois-David, en Bothoa. Ancienne extraction, réformation de 1669, 8 générations. — Réformes et montres, de 1427 à 1543, paroisse de Quemper-Guézennec, évêché de Tréguier, — et paroisses de Pludual, Plouha et Saint-Donan, évêché de Saint-Brieuc. Blason : Vairé d'or et de gueules, au franc canton d'argent chargé de cinq hermines de sable en saut
de Keruzon et de Kerguidoné, en Pludual, — de Kerilly, en Pléguien, — de Kerardy et de Costang, en Plouha, — de Kerméno, en Goudelin, oir (Sceau de 1372). Carnavalet a produit : Alain, qui prête serment au duc Jean IV, en 1372. — Mérien, ratifie le traité de Guérande, en 1381. — Sylvestre, auteur de la branche de Kerhardy et du Boisdavid, partage ses enfants, en 1491, et épouse Ysabeau le Bourc'his. — Pierre, abbé de Sainte-Croix de Guingamp, en 1514 : il vivait encore en 1529. — Deux abbés de Bégar : Guillaume, dernier régulier (1526-1560), et Claude, son neveu, premier commendataire (1560-1573). — Philippe, époux de Marie du Châtel, père et mère de François, chevalier de Saint-Michel, gouverneur du duc d'Anjou, depuis Henri III, mort en 1571, et enterré à Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris. M. G. de Carné, dans ses Chevaliers bretons de Saint-Michel, (page 198) écrit : « Ce François de Kernevenoy ou Carnavalet, était sr. de Kernevenoy, de Carnavalet, de Grisy et Noyen-sur-Seine, conseiller du Roi (Henri II), en son conseil privé, gentilhomme ordinaire de sa chambre ayant rang de chambellan, premier écuyer de Sa Majesté, gouverneur d'Anjou, de Bourbonnois et de Forez, gouverneur du duc d'Anjou, depuis Henri III, chef de son conseil, surintendant de sa maison et lieutenant de sa compagnie de 100 hommes d'armes, et chevalier de l'ordre du Roi, le 7 décembre 1561. François de Carnavalet, ajoute le même auteur, s'éleva par son seul mérite... Né en 1519, il se conduisit dès sa jeunesse et s'acquitta si discrètement et si " sagement " de ses diverses charges, que le roi Henri II le désigna, avant de mourir, pour gouverneur du duc d'Anjou... Après s'être conduit vaillamment à la bataille de Moncontour, en 1569, où la première charge fut exécutée par cinquante gentilshommes composant la cornette blanche en avant du dauphin (le duc d'Anjou, son ancien élève), sous les ordres de M. de Carnavalet, la mort arrêta ce dernier, deux ans après, en 1571 ; le 18 avril, il fut inhumé à Saint-Germain-l'Auxerrois, où le chancelier de Chiverny lui fit élever, avec une épitaphe composée par lui, un tombeau qui sera à jamais un glorieux monument de ses vertus... Cette épitaphe, qui commençait par ces mots : " Francisco Carneveneo ", fut la cause probable d'une erreur assez curieuse, que Dom Morice lui-même contribua à accréditer. Lorsque François de Carnavalet mourut, il laissait un fils, Charles, mort lui-même sans alliance ; mais les Kernevenoy ne s'éteignirent pas en sa personne. Il existait des branches colatérales qui, par un oubli inexplicable, ne se prévalurent pas, lors de la réformation de noblesse, du souvenir de celui qui pourtant jetait un grand lustre sur la famille. Tandis que la maison de Kernevenoy laissait ainsi perdre sa tradition, la famille de Carné, induite en erreur par ce nom de Carneveneo inscrit dans l'épitaphe, crut reconnaître le tombeau de Saint-Germain-l'Auxerrois pour celui de François de Carné, sr. de Crémeur. En conséquence, en 1657, le chef de cette maison, Jean Urbain... fit prendre copie de l'épitaphe de François de Kernevenoy, en foi de quoi, en 1668, les commissaires de la réformation, trouvant cette preuve suffisante, donnèrent une place dans l'arrêt qu'ils rendirent en faveur de Jean-Urbain de Carné, à François de Carné, frère puîné de Jérôme, et gouverneur du fils d'Henri II... Peu de temps avant l'année où Dom Morice, à l'exemple de tous les généalogistes, reproduisit cette erreur, la terre de Carnavalet avait passé de la maison d'Acigné dans celle de Carné, circonstance qui la rend plus spécieuse, et la vérité plus difficile à découvrir en transférant à l'une des branches de la maison de Carné, qui le porte encore, ce nom de Carnavalet » (Chevaliers bretons de Saint-Michel, p. 198 et suiv.). [Note : La Bretagne contemporaine consacre à la famille Carnavalet quelques lignes que nous voulons reproduire ici : « Kernevenoy, dans la paroisse de Saint-Clet, près Quimper-Guézénec, canton de Pontrieux (Côtes-du-Nord), et dont les Français ont fait Carnavalet, appartenait à la famille de ce nom, immortalisée par le bijou d'architecture, l'hôtel de Carnavalet, l'un des plus beaux monuments de l'ancien Paris, et par un homme supérieur qui, au XVIème siècle, s'éleva, par son seul mérite, aux premières charges de la cour de France. On en trouve la biographie dans tous les livres sérieux. Brantôme, dans un curieux texte, a consacré son adresse spéciale comme écuyer : J'ai veu le Moreau superbe qui avois esté mis pour estalon. Le seigneur M. Antonio, qui avoit la charge du haras du roy, me le montra à Mun, un jour que je passay par là, aller à deux pas et un sault et a voltes, aussi bien que lorsque M. de Carnavalet l'eut dressé ; car il estoit à luy ; et feu M. de Longueville luy en voulut donner trois mille livres de rentes, mais le roy Charles ne le voulut pas, qui le prit pour luy et le récompensa d'ailleurs » (Bretagne contemporaine, t. III, Côtes-du-Nord, pp.55-56
   Ce fut Françoise de Montrevel (1), veuve de François de Kernevenoy, et curatrice de son fils Charles, qui, par l'entremise de Guillaume de Kernec'hriou, acquit, en 1578, de Théodore des Ligneris, fils du président de ce nom, l'hôtel connu depuis sous le nom d'hôtel Carnavalet (l'une des merveilles architecturales de la Renaissance, à Paris), qui avait été construit par Jean Bullant, sur les plans de Pierre Lescot, et orné par le ciseau de Jean Goujon, qui devint le séjour préféré de Mme de Sévigné, et qui est aujourd'hui le Musée municipal de la ville de Paris.
 
(1) : Françoise de la BAULME,  comtesse de Montrevel [NDR]

Titre : Les derniers Valois : François II, Charles IX, Henri III / Auteur  : Belleval, René de (1837-1900)
 Éditeur  : H. Vivien (Paris)  Date d'édition : 1900    § LA CONJURATION  D'AMBOISE  4~7 / source : Gallica     
     « Je n'ai pas retrouvé la date précise du départ de Fontainebleau, mais le 4 octobre le roi était à Moutiers-sur-Saulx (Meuse, arrond. de Bar-le-Duc), où il signa la nomination, en qualité de gouverneurs de ses frères, de Philibert de Marcilly, seigneur de Sipierre (1), et de François de Kernevenoy, dit de Carnavalet (2), gentilshommes ordinaires de sa chambre. Le choix était heureux. 'Sipierre, dit Brantôme, qui « estoit le plus généreux, et le plus brave seigneur qui fut jamais gouverneur de roi, ne lui preschoit (à Charles IX) que la valeur, la grandeur et l'ambition ». Quant à Carnavalet, Castelnau dit de lui qu'il « se peut mettre au rang des personnes les plus illustres que la Bretagne ait données à la France et que ce prince  (Henri III,) lui fut obligé de toute la gloire que  lui valut sa belle éducation ».
  Il se recommandait ainsi sérieusement à la postérité qui ne le connaît plus qu'à cause du bel hôtel que sa veuve acheta à Paris et qui, par une sorte de faveur spéciale, n'a pas cessé de porter son nom.
  François était à Eclaron (Haute-Marne), le 11 et le 13 octobre on le trouve le 22 à Vautuisant (Yonne), abbaye de Cisterciens, dont il reste encore de curieux vestiges. La jeune reine d'Espagne y était avec lui, et ils se proposaient d'y séjourner de compagnie, mais Elisabeth fut obligée d'y prendre congé, ce jour-Ià, de son frère, car celui-ci, après la réception de dépêches de Sébastien de l'Aubespine, évoque de Limoges, son ambassadeur en Espagne, s'était acheminé aussitôt vers Blois. C'est la reine d'Espagne qui, le 22 octobre, le mande à l'ambassadeur.
De son côté, le roi de Navarre faisait diligence sur la route de Bordeaux où il voulait devancer la reine d'Espagne. D'autre part, de Thou dit que la reine-
mère et François II conduisirent Elisabeth jusqu'à Poitiers, d'où ils revinrent à Blois. Ce qu'il y a de certain, c'est que la reine d'Espagne passa les fêtes de Noël à Pau, chez le roi de Navarre, et que ce ne fut que le 6 janvier 1560 qu'elle fut remise, à Roncevaux, entre les mains des ministres espagnols.

   Le 26 octobre, François II était au château de Valery (Yonne) »  [...] 
(1) Mort à Liège en 1565. Après la paix d'Amboise, ij .commanda à Orléans. C'était, dit de Thou, un homme de bien et un grand capitaine ».
2) Gouverneur de l'Anjou, du Bourbonnais et du Forez, né vers 1520, mort à Paris en 1571. Ce fut sa veuve, Françoise de La Baume, qui acquit du fils du Président de Ligneris le célèbre Hôtel le Carnavalet, construit à Paris par Androuet du Cerceau et orné de statues par Jean Goujon. C'est aujourd'hui le musée municipal de la ville de Paris.

**L'Hôtel Carnavalet

« L'Hôtel Carnavalet a été construit en 1544 par Pierre Lescot dans le pur style Renaissance pour le compte de Jacques de Ligneris, président à mortier au Parlement de Paris. Le président de Ligneris mourut en 1556, laissant son hôtel à son fils, Théodore des Ligneris, capitaine de cinquante hommes d'armes, qui le conserva jusqu'à son mariage avec Françoise de Billy. Dès l'année suivante, 1578, il le vendit à Françoise de la Beaume, veuve de François de Carnavalet, Kernevenoy de son vrai nom breton ; ce seigneur avait été l'un des favoris d’Henri II, et gouverneur du duc d'Anjou, alors régnant sous le nom d’Henri III. La dame de Carnavalet, qui devait laisser définitivement son nom à cet hôtel, ne le conserva que vingt quatre ans. Elle le revendit en 1602 à Florent d'Argouges, trésorier de la reine Marie de Médicis. C'est sous la désignation d'hôtel d'Argouges que Jean Marot en publia les plan, coupe et élévation vers 1640, alors que Jean Androuet, le dernier des Ducerceau, fils de l'architecte du Pont-neuf, venait d'y ajouter, dans l'aile droite, un magnifique escalier à l'italienne, dont il n'existe plus de trace.
  L'hôtel Carnavalet resta dans la famille d'Argouges jusqu'en 1654. « La dame d'Argouges » le vendit à Claude Boislève, l'un des intendants de Fouquet, financier véreux, alors & l'apogée de sa trop rapide fortune. Celui-ci le fit remanier de fond en comble par François Mansart, qui transforma l'élégant manoir Renaissance en un somptueux hôtel Louis XIV, en y ajoutant un étage en aile et sur la rue, surmonté d'un comble mansardé. Il obtenait ainsi, au premier, une belle suite de pièces de réception, faisant le tour de l'hôtel. Du même coup disparurent l'escalier à l'italienne de Ducerceau et l'escalier à vis du XVIe siècle, sur l'emplacement duquel le nouvel architecte construisit son grand escalier, celui qui existe encore aujourd'hui, et qui donne accès à la bibliothèque.
  L’hôtel fut modifié par l'architecte François Mansart qui lui donnera son aspect classique actuel entre 1655 et 1661. Mansart, respecta autant que possible l'œuvre décorative de Jean Goujon ; mais pour conserver la symétrie, il dut faire sculpter entre les fenêtres du nouvel étage, en ailes sur la cour, pour faire suite aux saisons du bâtiment principal, huit figures de même proportion : à gauche, les quatre éléments, à droite, quatre déesses qui sont loin de valoir les bas-reliefs de la Renaissance. Ces deux suites furent confiées à deux sculpteurs dont un seul nous est connu, Van Obstal, membre de l'Académie royale, auteur des figures de l'aile droite qui ne lui font pas honneur. Celles de l'aile gauche, les quatre éléments, sont incomparablement meilleures. C'est aussi à Van Obstal que l'on attribue les figures décoratives du premier étage sur la rue, la Vigilance et la Fermeté, et le bas-relief allégorique en retour, à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, qui fait allusion au mariage du roi et à la paix des Pyrénées conclus en 1660.
  Mansart venait de terminer cette restauration et d'en signer la date, 1661, sur le stylobate de la statue de Minerve qui couronne l'édifice, quand Boislève, entraîné dans la chute de son puissant patron le surintendant Fouquet, eut à rendre ses comptes à la Chambre de justice. Son hôtel, saisi par arrêt du 18 juillet 1662, fut vendu, le 19 novembre 1666, et adjugé au roi, au prix de cent mille livres.
  Le domaine fut cédé, en 1667, à Gaspard de Gillier, conseiller au Parlement, en remboursement du prix d'une augmentation de gages révoquée par édit de 1667. Gillier, protestant converti, et, comme tel, très bien en cour, n'habita pas l'hôtel Carnavalet, où il eut successivement comme locataires madame de Lillebonne et madame de Sévigné.
  La spirituelle marquise est la grande illustration, l'auréole de l'hôtel Carnavalet, qu'elle habita pendant 20 ans, de 1677 à 1696. Madame de Sévigné, dont la fortune avait été gravement compromise par les prodigalités de son mari, n'occupait pas seule l'hôtel Carnavalet; toute la famille s'en partageait le loyer qui pourtant ne dépassait pas cinq à six mille livres. La marquise et sa fllle occupaient le grand appartement du premier au fond de la cour; le comte de Grignan, dans ses courts voyages à Paris, le rez-de-chaussée, au-dessous; le marquis de Sévigné fils, le premier sur la rue, et l'abbé de Coulanges, le bien bon, l'aile droite.

L'hôtel deviendra la résidence de la marquise de Sévigné entre 1677 et 1696. Le bâtiment abritera l'Ecole des Ponts et Chaussées sous la Restauration. »
extraits  du  " Dictionnaire général des lettres, des beaux-arts et des sciences morales ..." Théodore Bachelet, Louis Charles Dezobry, p. 1813 , relevés par Jean-Luc Deuffic.

 François de Kernevenoy, gouverneur du duc d'Orléans
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La Faveur du roi : mignons et courtisans au temps des dern
iers ...  Nicolas Le Roux - 2001

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